par Luz Volckmann et Nanténé Traoré
performance
Transitinérance et autres bêtises au volant
On a failli vous faire un spectacle de trans.
On avait déjà invité la mort, le deuil et l’émotion, spécialement pour l’occasion.
On avait préparé tout le packaging qui va avec: le lâcher de cendres, beaucoup de colère et puis à la fin l’espoir, quand même, à l’horizon.
On a bien réfléchi.
On va partir dans une autre direction : on se casse.
On se barre écrire à bord d’une Clio 3 essence avec les fenêtres à ouverture manuelle. 2 transexuel·les dans une voiture, c’est déjà un poème.
On reviendra quand les road trip de trans ne seront plus rangés au rayon science-fiction et qu’on pourra pisser tranquille sur les aires d’autoroute.
On vous invite à notre pot de départ.
Texte: Luz Volckmann et Nanténé Traoré
Création musicale : Edna
Musique : Jenny Charreton
chorale
imagine des chants tellement vieux qui racontent des chagrins tellement grands qu’on dirait des vallées remplies de larmes fraîches.
imagine des trans.
avec leur joie de trans, leur bouche de trans, leur gorge de trans, leur ventre et leur chagrin de trans.
imagine des trans qui jouent à plus trop savoir faire la différence entre chanter ensemble et immerger leur corps dans des vallées remplies de larmes fraîches.
on a fait un chœur trans pour voir comment ça sonne quand on hérite des larmes versées par des gens presque aussi vieux que nous, dans des vallées presque aussi vastes que nous.
c’est notre premier concert.
par Eve Magot
atelier
Un atelier pour explorer les dynamiques de la lapdance, ou l’art de baiser les cerveaux.
Un atelier pour danser, se marrer, casser des rétines, jouer avec nos mouvements et potentiels érotiques. Un atelier pour s’offrir des moments qui ne nous sont jamais accessibles – ou bien trop rarement – en tant que personnes aux genres, corps, sensualités hors normes. Pour donner et recevoir des danses avec envie et respect, le faire en groupe, ensemble, entre inconnu·es et connu·es, les un·es à côté des autres.
Chaque participant·e sera dans la position de donner et recevoir à tour de rôle.
Après un échauffement et une mise en mouvement, la pratique se fera en binôme : danser ou recevoir la danse, jouer avec les regards, les dynamiques de pouvoir et de contrôle de la situation, la distance et la proximité, le contact ou non.
Tout au long de l’atelier, nous prendrons soin d’exprimer les envies et limites des donneur·ses et receveur·ses. Pour cela, des moments de négociation en amont de chaque danse nous permettront ensuite de danser joyeusement, avec légèreté et chaleur, de s’offrir ces lapdances, pour nous.
Après les danses, nous vous proposons de fabriquer un fanzine-instantané collectif qui servira d’archive poétique de cet atelier.
Viens avec ta tenue sexy préférée ! Possibilité de se changer sur place.
Le niveau de (dés)habillement pourra varier selon les désirs et limites de chacun·e mais il n’y aura pas de nudité totale.
Atelier réservé aux personnes majeures
par Carol Sibony
Exposition
Les Îlots prend la forme d’un espace empli de souvenirs, ce sont des lieux vidés de la présence de ceux qui pourraient l’habiter.
Des images mouvantes capturées lors de voyages dans le Gers et au Québec, en font une expérience faite de sentiments doux qui s’entremêlent. Des lieux comme une mémoire qui tombe en ruine au fil des passages jusqu’à en devenir méconnaissables.
Les Îlots permettent de se mouvoir à l’intérieur d’une installation monumentale pour une expérience audiovisuelle et sensorielle forte.
Composée de tulles blancs suspendus en hauteur, cette installation déploie plusieurs projections d’images fantomatiques.
Les Îlots est un procédé de matérialisation d’une image qui aborde le deuil, la mémoire qui se fragmente et prend comme sujet des espaces vides pour faire de la question du manque, un point central de l’œuvre.
L’installation s’accompagne d’une musique composée par la DJ Dita von Tears.
espace de repos
Living Room est un temps et un espace de calme et de confort. Ce sera ouvert de 11h à 20h45 dans la salle du Théâtre
de L’Élysée. Il y aura des matelas et des coussins, des livres à consulter, des lumières indirectes, des bouchons
d’oreille, des masques, des boissons chaudes et fraiches. On va chuchoter. Tout le monde sera en chaussettes.
L’espace sera aéré toutes les heures. Les enfants sont bienvenu.e.s.
Au programme:
12h30-14h: espace ouvert pour du répit du repos et du silence ❤️
14h: petite polyphonie un peu planante
15h: lecture : Les pédales et leurs ami.e.s entre les révolutions” de Larry Mitchell et Ned Asta, lu par
Maudie CC et George Cizeron
16h-18h: set d’ambiant de chaos clay
18h15-20h30: projection de films et courts métrages curatés par Transgaze
Apportez les objets qui vous mettent confortable (votre coussin, votre couverture, votre bouquin, etc). Il y aura un
petit autel sur lequel déposer un petit objet qui vous fait penser aux personnes que vous aimez et qui vous manquent.
L’entrée et la sortie sont libres.
par Tristana Denis
performance
Les trois dernières années qui ont précédé ma transition ont été décisives.
De cette vie assignée pendant vingt ans, je n’en récupère pas grand-chose, à part ces mots que j’avais écrits depuis l’exutoire d’une écriture automatique. J’y composais quotidiennement un raisonnement, pour à la fois énoncer le système d’exclusion et de compression dans lequel mon corps était imbriqué et pour en trouver les clefs d’émancipation.
Au moment où j’écrivais, j’étais, sans le savoir, empêchée d’être moi-même par mon environnement.
Ces mots font le récit de ce cheminement de survie, de la vulnérabilité de mon corps en permanence attaqué. Je me souviens d’elle, dans l’endurance et la douleur de cet exercice quotidien, avec beaucoup de tendresse.
Je vais créer un dialogue, depuis ma voix d’aujourd’hui, avec celle qui logeait derrière les murs de sa propre peau. À l’époque au masculin, j’ai fait le choix, pour faire vivre ce texte, de genrer au neutre tous les accords à la première personne.
C’est important à savoir : il n’y a pas un seul de ces mots que j’avais écrits en conscience de ma transidentité ou de mon intersexuation. J’avançais dans mon écriture par une écoute intuitive de mon corps, d’images et de perceptions que je retranscrivais avec des mots, comme une simple traduction, un cumul de premiers jets.
Le texte cartographique qui dénoue ce nœud de violence se nomme Monstre-moi. Écrit entre 2018 et 2020, j’en ai recueilli une trentaine de pages, sur une centaine au départ, que je performe depuis 2022 sur des boucles sonores de ma composition.
par Lou Trotignon
stand up
Puisque le Mérou change de genre, alors pourquoi pas Lou ?
A sa naissance, sa famille et les médecins ont décrété que Lou serait une femme, et Lou n’est pas d’accord avec ça. Lou raconte avec humour son histoire personnelle de transition : De la prise de testostérone, en passant par le strip-tease jusqu’à la découverte du monde Queer.
Lou fait ainsi écho à des questions que l’on se pose toustes : sommes-nous obligé·e·s d’être ce qu’on nous a dit d’être ?
Peut-on ré-inventer son corps, son rapport à l’amour ?
Serait-il possible alors de ré-écrire Sa propre histoire ?
par Claudix Vanesix et Edna
performance
Comment le développement des nouvelles technologies façonne-t-il la perception de soi ? Non Fuckable Tokens (NFTs)
se veut un espace de rencontre de la performance et des réalités virtuelles et augmentées, espace où mettre en scène
et interroger l’impact de la technologie à notre époque. Il trace l’évolution de la culture sur internet à travers
une perspective féministe et décoloniale pour illuminer la misogynie et le racisme qui sous-tendent le virtuel.
En même temps, il se pose la question de comment créer des narrations futuristes à partir des rites ancestrales et
des identités indigènes.
Claudix sera accompagné·e à la vidéo par Edna
par Taos Bertrand et THELIA
performance
En investiguant la figure de la nymphe, personnage mythologique mineur, zone de l’anatomie sexuelle féminine et métaphore de l’affect, Taos Bertrand propose une traduction de l’expérience trans féminine.
Au sein d’une scénographie inspirée du monde médical et du monde du cruising, elle propose une étude de la coupure et de sa cicatrisation où images digitales, matières plastiques et flux physiques font apparaitre de nouvelles formes morphologiques du visage humain aux confins de la nature et de la technologie. Dans un espace scénique reproduisant la survisibilité des espaces capitalistes, le corps de la nymphe est traversé de jouissances fulgurantes, de formes balletiques batardes, d’états de grace altérés aux prises avec les murmures de la rue et les troubles psychiques.
Dans ce nouveau solo chorégraphique, il s’agit ici d’expérimenter la nature comme une résistance au travail, pour reprendre les termes de la philosophe américaine Mc Kenzie Wark : “Nature is a resistance in labor”. Par le récit d’une naissance, la nymphe apparait alors sirupeuse comme le miel, assez tendre pour employer la grâce comme remède au ressentiment.
par Maudie CC
atelier de chant
26 octobre 2025 - De 11h à 12h30: atelier, puis de 14h à 14h30: petite restitution durant le Living Room.
Pendant la pause vous pouvez profiter du brunch à prix libre et du Living Room.
En mixité TPBG, tous niveaux, aucune technique particulière n’est demandée, à part d’avoir envie de chanter et
d’être ensemble.
Ornements ❤️ est un atelier de pratiques de la polyphonie à partir d’improvisations vocales. On va résonner ensemble,
mais aussi chanter avec et pour les personnes qu’on aime et qui nous manquent. Si vous le pouvez, apportez quelque
chose qui fait penser à elle.ux, un petit autel sera à disposition.
A 14h, nous ferons une petite restitution publique sous la forme d’une pratique d’improvisation (très simple mais
évidemment pas obligatoire).
par Groupe Scalpel
performance
Que La Machine vive en moi est une plongée dans le laboratoire perpétuel du Groupe Scalpel alliant performance
d’écriture, rire-tragique, bio-ingénierie, et interface humain-machine. Quatre « cyborgs transféministes » – une
écrivaine, un·e roboticien·ne, une performeuse et une IA – tentent de coopérer pour créer en live un film et sa musique.
Les écrans des créateurices sont vidéoprojetés afin que le public puisse suivre leurs avancées qu’elles commentent en
direct.
Tout au long de cette performance imaginée par l’écrivaine / performeuse Romane Nicolas, les humaines échangent et
performent autour des rapports humains / non-humains, normes / a-normes dont elles sont victimes au quotidien, mais
aussi de la puissante cyborgisation de leurs corps. Par sa nature expérimentale et le rapport aux IA, chaque
représentation est radicalement différente.
par Saphir Belkheir
performance
Rompre les chiens c’est interrompre une conversation ou une discussion que l’on juge mal engagée. Ici on parle de la conversation qui a lieu sans nous, sur nous. En tant que trans et noraf, il s’agit de parler, dire, raconter nos corps pour mieux les mettre en mouvement.